MON SAX : MON PSY ! ...Jouer c’est plus qu’un besoin c’est vital.
Voir en ligne : Site de Franck Meurin
Stéphane Bihan : Qu’est-ce qui vous a incité à démarrer la musique ?
Franck Meurin : La curiosité, la famille (grand père trompettiste... ).
SB : Quelles sont vos premières influences ?
FM : Toutes !! je n’avais aucun rapport avec la musique, aucune notion de sensation ou de sentiment qu’elle pouvait procurer. Quand j’ai découvert ça, vers 11-12 ans, j’ai engloutit ! Tous ce que je pouvais trouver en terme d’écoute.
SB : Avez vous démarré la musique par le saxophone ?
FM : Non, j’ai débuté par la trompette (6 mois ça ne fonctionnais pas) et là un Monsieur m’as dit tu devrais arrêter la musique ça n’est pas fait pour toi !!!!! Quelques mois plus tard un oncle m’a prêté un sax alto et voila !!!
SB : Pratiquez vous d’autres instruments ?
FM : J’ai fait 7 années de basson au conservatoire et je joue un peu de bugle (mais vraiment un peu).
SB : Durant vos études et vos premières expériences professionnelles, quel était votre rapport au travail de l’instrument ?
FM : Le plaisir : plus je travaillais plus c’était "facile" et plus j’avais envie de travailler (facile dans le sens ou le travail acquis m’aidait à faire ce que je voulais).
SB : Quels éléments vous ont fait progresser de façon radicale ?
FM : Cette même facilité m’a poussée à bosser encore plus, donc à progresser. Mais j’ai aussi été porté par la sensation de faire les choses naturellement, c’est a dire qu’à chaque fois qu’on me demandait ou qu’on m’expliquait un truc j’avais l’impression de déjà le faire... (surtout au niveau technique et respiration puis ensuite musicalement tous me paraissait logique).
SB : Et maintenant, avez vous besoin de "travailler" régulièrement pour maintenir vos acquis ?
FM : Je dirais plutôt "jouer" ou "pratiquer" et c’est plus qu’un besoin c’est vital (pour les acquis).
SB : Quelles sont vos pistes de développement ?
FM : Au début on se développe par le travail pour la maîtrise technique de l’instrument. Puis les rencontres, l’état d’esprit, la façon d’aborder les choses, la spiritualité, la famille, la vie etc....sont parmi les choses qui font le plus avancer la musique.
SB : Quel rapport entretenez vous avec le matériel ?
FM : Le sax, pour moi, est juste l’élément qui fait le liens entre ce que j’ai besoin d’exprimer et ce que j’exprime. Si ce lien ne me convient, pas ou si j’en trouve un mieux, j’en change, sans état d’âme.
SB : Le choix des saxs, des becs, et des anches a-t-il été un problème ?
FM : Pour les saxs, non. Pour le bec j’ai cherché il y a 16 ans. J’ai trouvé (brancher t 29), depuis je lui ai fait quelques infidélités (mais qui sont restées à l’état d’essais) Pour les anches, c’est plus difficile, car elle ne sont pas régulière ex : 5 différente sur 5 dans une boite.....donc quand j’en ai une je l’use et après j’en trouve une autre !!!
SB : Ou l’est-ce encore ?
FM : Oui
SB : Jouez vous de tous les saxophones ?
FM : Oui
SB : Est-ce un problème de passer de l’un à l’autre, voir à d’autres instruments à vents ?
FM : Non pas vraiment.
SB : Pour vous y a-t-il des différences entre la pratique classique et la pratique jazz/moderne du saxophone ?
FM : Techniquement pas vraiment mais le classique demande une plus grande rigueur physique à cause des textes imposés. En jazz, on décide plus souvent lorsqu’on commence et lorsqu’on arrête, du coup en gère en fonction de ses propres capacités.
SB : Quel rapport entretenez vous vis à vis de l’improvisation ?
FM : J’ai toujours tendance a dire MON SAX : MON PSY ! L’improvisation me sert vraiment d’exutoire. J’évacue tout par l’impro, mais je partage aussi tous les états émotionnels de l’être (joie, colère, cris, secrets, etc...).
SB : Dans quelle mesure un apprentissage précoce de l’improvisation favoriserait-il une appropriation plus saine de l’instrument ?
FM : L’improvisation aide par l’ouverture, la personnalisation du jeu, le développement de l’imagination, l’extériorisation des sentiments, donc un rapport naturel à l’instrument ... en relation direct avec l’être.